Les virus chimères, l'arme totale de la guerre biologique



Les virus chimères sont définis par le Center for Veterinary Biologics des Etats-Unis, comme des micro-organismes hybrides créés en couplant deux (ou plus) fragments d'acide nucléique (Arn, Adn...) dans lesquels au moins deux fragments différents contiennent à eux deux les éléments essentiels à la réplication. Une définition qui cache le sens fondamental de ce que sont les virus chimères : des produits de manipulations génétiques destinés à contenir des fonctions qui d'ordinaire et dans la nature, ne se trouvent pas encore ensemble.

Si les virus chimères peuvent concerner des manipulations génétiques insolites ou bienvenues (par exemple, dans le domaine alimentaire, l'agriculture, le domaine médical...), ils sont aussi un objectif de la préparation aux guerres biologiques, pour lequel les chercheurs peuvent tenter de créer, à partir de deux virus distincts (mais pas nécessairement de famille différente, l'un pouvant être une version légèrement différente de l'autre), un super-virus possédant les "qualités" des deux autres. Ce scénario-catastrophe n'est pas une fiction, mais bel et bien une réalité, dans la mesure ou sont conservés pour ce type d'utilisation, de nombreux virus particulièrement agressifs, tels qu'Ebola ou le virus H1N1 de la grippe espagnole.

Bien que le but a priori de l'étude de ces virus, soient justement de s'en prémunir, il s'avère que dans les faits, les organisations gouvernementales ou militaires espèrent mettre la main sur de nouvelles générations de virus ciblant des populations précises ou pire, des monstres au pouvoir infectieux non-discriminatoire : un virus total capable d'infecter une large partie de la population mondiale, tel une bombe que l'on agite devant le monde en prétendant que "c'est nous qui avons la plus grosse". 

Si l'on opte pour cette objectif, la virologie concernant les virus chimères consiste notamment à modifier le mode de propagation (par exemple, un virus qui ne se transmet que par contact devient aéroporté), redéfinir la cible (un virus attaque une espèce particulière, ou une caractéristique biologique particulière au sein d'une même espèce) ou la dangerosité (en augmentant par exemple, la léthalité). Les virus sont alors un peu comme des légos dont on souhaiterait rajouter, par-ci, par-là, une pièce qui rendrait le tout encore plus puissant ou dangereux. 

En tant qu'armes de destruction massive, les virus chimères seraient parmi les plus terrifiantes qui soient : que peut-on faire lorsqu'une pandémie se déclare silencieusement pour se propager à la vitesse des avions, toucher n'importe qui, sans discrimination, insensiblement, enrayant les faibles espoirs de confinement et de quarantaine, comme on a déjà pu le voir par le passé, durant l'épisode de grippe de 1918, ou plus proche de nous, pendant la propagation d'Ebola de 2014? Que se passerait-il si un groupe de chercheurs augmentait les performances, la violence, la capacité de propagation, de tels virus?

Alors bien sûr, tout le monde est d'accord sur un point, concernant les virus chimères : il s'agit d'aider l'humanité, en étudiant le comportement des virus pour mieux s'en protéger, en développant de nouvelles formes virales comme vaccin ou comme outil (de contrôle, d'assistance médicale, etc...). Mais ne vous y trompez-pas : les techniques et technologies qui permettent ces exploits sont les mêmes que celles qui permettrait d'obtenir des virus chimères parmi les plus dangereux, les plus infectieux, les plus mortels que jamais la planète ne connaîtra. Avez-vous suffisamment confiance en la bonté de l'humanité pour croire que ces techniques ne serviront qu'à la poursuite de nobles causes?