10 sports étonnants... et quand même pratiqués aux Jeux olympiques



Les jeux olympiques tirent leur origine des tournois sportifs et martiaux organisés en Grèce antique, et bien qu'ils fussent un peu oubliés avec et après l'hégémonie romaine - on leur préférait certes les combats de gladiateurs et autres animations de cirques -, les olympiades internationales retrouvèrent un gain de popularité certain à la fin du 19ème siècle. A tel point que de nombreuses organisations sportives souhaitèrent y enregistrer leur discipline, aussi farfelue soit-elle. Voici un bref panorama de ces sports insolites qui ont un jour pris place aux célèbres Jeux Olympiques.

10. Le saut en longueur... à cheval!


Parmi les disciplines de l'athlétisme, le saut en longueur a toujours fait figure, à l'instar du 100 m ou du saut à la perche, de passage obligé en direct à la télé, témoignant de sa popularité actuelle, qui, croyez-le bien, était déjà présente il y'a fort longtemps... possiblement sous d'autres formes. Ainsi, dans l'année 1900, aux Jeux de Paris, le belge Constant Van Langendonck remporta la médaille du saut en longueur... à cheval, en atteignant 6,10 m sur son cheval au doux nom d'Extra Dry. Oui, c'est l'aristo qui a gagné la médaille, pas le cheval.


9. Le tir sur la perche


A la place des modernes disciplines de tirs tels que le carabine ou pistolet 50 m, le Skeet ou le Trap, toujours en 1900, les épreuves de tir à l'arc se décomposaient en plusieurs sous-épreuves dont certaines pourraient sembler étranges : ainsi, le Belge Emmanuel Foulon devient le champion du Tir sur la perche version Herse, tandis que son collègue français Emile Grugneaux remporte le titre olympique de tir sur la perche version Pyramide. Kesako? L'épreuve consistait à tirer à l'arc sur un oiseau métallique disposé au bout d'une perche, haute de 33 mètres. Ce sport traditionnel du Nord de la France et de Belgique a encore ses adeptes aujourd'hui, pour lequel l'art consiste désormais à décaniller des petits boîtes de métal plumées placés en haut de la perche. Le jeu consiste aussi, anecdotiquement, à éviter la flèche quand elle redescend.


8. La natation synchronisée... solo


Hein? Des solistes de natation synchro? Tout le monde connait la natation synchro, mais tout le monde sait aussi que le but de ce sport est d'évoluer dans l'eau en synchronisation avec des partenaires, pour faire de belles figures aquatiques de groupe, en rythme et tout en grâce. Alors quoi, comment voulez-vous faire de la natation synchronisée tout seul?

Il s'agit pourtant bel et bien d'une épreuve qui dura des jeux olympiques de 1984 à 1992, et dans laquelle chaque nageuse effectuait ces mouvements en synchronisation avec... euh... elle même. En fait, la confusion provient de ce que la nageuse tournoie et s'émoustille dans l'eau à la cadence de sa musique, la synchronisation doit donc se chercher entre la nageuse et la musique. Ah oui ah bon, c'était donc ça.


7. Le tug-of-war


On se croirait dans une de ces fêtes écossaises ou canadiennes dans lesquelles on voit une tripotée de bûcherons de 120 kilos à demi-couchés en train de tirer en cœur et en sens inverse un ptit bout de corde. Je ne sais pas comment vous l'aimez, mais personnellement, je préfère quand le milieu est une bonne mare de boue dans laquelle l'équipe perdante ne manquera pas de tomber à la renverse pour signer sa défaite. Au moins c'est rigolo. Et bien oui, le célèbre jeu de Tir à la corde dont on s'extasiait gamin, a bel et bien fait partie des épreuves olympiques jusqu'en 1920, date à laquelle il fut relégué aux épreuves de pique-nique-kermesses du dimanche.


6. La course d'obstacle... en natation


Nous voilà à un défi intéressant, que l'on ne pourrait malheureusement plus organiser, probablement de nos jours. La course d'obstacle en natation consistait à plonger dans l'eau de la Seine sur 200 mètres d'un amusant trek aquatique, zigzaguant entre les bateaux, nageant sous les barques, grimpant des piquets, tout en prenant soin d'éviter les rats nageant à contre-courant et les ordures jetées par le tout-paris. Les vainqueurs s'en allaient avec une belle médaille et un tenace eczéma.


5. Le Roller Hockey


Que se passe-t-il quand on voudrait faire du hockey mais qu'on organise les jeux olympiques à Barcelone, une ville bien évidemment reconnue pour ses patinoires? On remplace les patins à glace, par des patins à roulettes. Les règles sont sensiblement les mêmes, si ce n'est que les joueurs s'habillent versions années 70 et qu'une boule disco meuble le centre du gymnase. Non, non, bien sûr, pas de pantalons pattes d'eph et de paillettes. Mais une victoire pour l'Argentine (on l'avait pas vu venir, celle-là) dans ce qui restera pour le moment la seule et unique représentation du hockey sur patin à roulette lors des jeux olympiques de 1992.


4. La canne de combat


Non, il ne s'agit pas d'un sport réservé aux maisons de retraite, mais un vrai art martial dans lequel le but est de décocher un bon coup de canne de châtaigner à votre adversaire, tout en évitant soigneusement un marron en feedback. Bon, c'est en quelque sorte une version d'escrime un tantinet plus brutale, qui débarqua aux Olympiades en 1924. Le plus drôle là dedans, ce sont les variantes du-dit sport : la double canne (avec une canne à chaque main), le canne-chausson (techniques de boxe française + techniques de cannes), ou encore le respecté Bâton fédéral, une bonne grosse canne de 1,4 mètres avec laquelle défoncer la tête de vos meilleurs amis. Si, si, ces disciplines sont au-then-ti-ques. Actuellement, une version CRS/gendarmerie (le perdant est embarqué au poste) et une autre style paysan-du-bouchonnois (on a le droit de lancer des œufs et cramer des pneus) sont à l'étude.


3. Le grimper de corde


Vous avez probablement déjà grimpé à la corde lors de douloureuses sessions sportives, le genre traction qui vous donnent l'impression d'être une mauviette devant tous vos camarades de classe. Fort heureusement, le souvenir s'estompe rapidement dès que la cloche sonne. Il n'en est rien pour les athlètes du début du 19ème siècle : de 1896 à 1932, le grimper de corde était effectivement une discipline olympique, dans laquelle il s'agissait tout de même de grimper 30 mètres de corde en un minimum de temps. La belle époque. Il est évident que de nos jours, les "grimpeurs professionnels" ne jouissent plus du même prestige.


2. La longueur de plongée


Il s'agissait d'un sport aquatique plutôt curieux dans lequel la participant était amené à plonger à partir d'une position fixe. ensuite, et bien... c'est tout. Oui, oui, c'est tout. Le but consistait à parcourir le maximum de distance sous l'eau avec le plongeon. On aurait pu appeler ça de la nage en apnée, sauf que... il était interdit de nager : le plongeur, une fois entré dans l'eau, devait rester immobile et profiter de l'inertie du premier mouvement, le plongeon, pour avancer. La distance était mesurée après 60 secondes ou dès que la tête du plongeur sortait à la surface de l'eau. Est-il utile de le préciser : la popularité de cette épreuve a coulé après sa première représentation aux Jeux d'été de 1904 à St-Louis.


1. Le duel au pistolet


C'est bien aux jeux d'Athènes de 1906 que le français Léon Moreaux remporta la médaille du tir de duel au pistolet (20 m), tandis que le grec Konstantinos Skarlatos remportait le titre pour le duel à 30 mètres. Vous ne vous trompez pas, la discipline s'inspire bel et bien des duels au pistolet version Europe (c'est-à-dire : chacun tire à son tour après s'être poliment salué et serré la main), et non version far-west (chacun tire sur tout le monde aussi vite qu'il peut après les gros plans et la boule de paille qui roule). Alors bien évidemment, il fallait garder les sportifs vivants, contrairement aux pigeons (voir ci-dessous). Les "duellistes" croisaient donc le fer et la boulette avec d'inoffensifs mannequins affublés d'une redingote.


Bonus. Le tir au pigeon


Ah, mais on le connait bien, lui! Le sportif a une carabine et il tire sur des disques en argile qu'on lance devant lui. Tout ça explose en papillote et même que parfois, il y'a deux disques lancés en même temps. Déjà vu, ultra-connu. Oui, mais non. Quand je vous dis "Tir aux Pigeons", c'est bien de Pigeons vivants dont je vous parle. 

Si les jeux de Paris de 1900 ont eu la gloire d'être les premiers à accepter des épreuves féminines (on leur en sait gré, hein, sans quoi, le patinage artistique serait encore une fête de la saucisse), ils ont également eu l'audace de présenter une épreuve de tir aux pigeons, dans laquelle, carabine en pogne, le but était effectivement d'aligner le plus possible de ces pigeons de Paris, les mêmes que ceux qui se ruent sur les quelques miettes que vous leur lancez sur l'esplanade de la Tour Eiffel. Plus de 300 volatiles ont péri pour la gloire du sport, le champion, Leon de Lunden, en ayant dégommé 21. Ce jour là, toutes les Mercédès de Paris furent vengées pour les 300 ans à venir.